L'immortel Noir

Noirs nous sommes,

Noirs nous resterons.

Encre noire qui ensorcelle,

Dans toutes les rues,  plus de discrimination…

Ces citadelles et ces forts,

Construits à la force de nos mains rugueuses

Qui plaisent tant à ces jeunes hirondelles blanches…

Dans nos cœurs, ce silence,

Subissant trop de violences

De ces bourreaux chérissant leur « Amen » du dimanche…

 De nos essors miraculeux,

Nous avons su que nous étions des trésors

Sortis de notre zone de confort,

Pour piétiner l’intimidation !

Noirs,

Devenons immortels,

Parce  qu’à vie nous le resterons ;

Frères,

Dénonçons le PARAITRE pour que nous puissions ETRE,

Car nous sommes.

 

Créés pour être ce sel dans cette existence insipide,

Nous sommes ce tout de ce rien.

Avez-vous déjà imaginé une vie sans Noirs ?

Êtes-vous donc aveugles ?

Nous sommes la bouée de sauvetage de ce monde sans sens

Nous sommes les frères, les amis, les maris, les amants.

De nos cœurs jaillit la liberté,

Dans nos bras, l’amour prend chair,

De nos reins sortent les Héros !

Ah ! Si vous saviez..

Si seulement vous saviez combien nous sommes indispensables :

Dans la politique tout comme au lit :

De nos caresses la femme revit !

Sommes-nous substituables ?

Ah ! Si vous saviez…

Si seulement vous saviez que nous tous sommes égaux…

Nous ne sommes pas des adversaires,                                                                                                    

Mais des gouteux desserts

À Apprécier à la petite cuillère…

La souillure de notre liberté,

N’a jamais pu ébrécher d’un iota notre beauté.

Pur diamant, vous souffrirez de notre absence,

Car notre puissance vous rend aveugle

Et vous fait broyer du noir

Jusqu’au suicide.

 

Enfermés,

Séquestrés,

Brûlés,

Ils ont brisé nos os,

Crucifié nos rêves,

Nous achèvent,

Et nous divisent

Pour que nos âmes gisent

Au fond de leurs mensonges noirs :

Bouches tremblantes,

Mains sanglantes,

Ils nous ont accusés !

 

Nos yeux morts

Se sont tournés vers ces dieux,

Qui nous ont redonnés la force de continuer,

Et, Dès lors,

Dans le feu,

Nous les avons assassinés,

Sans pitié !

Oui !  Noirs,

Devenons Immortels,

Et défions ces mortels.

 

« Ah ! Les barbares » disent-ils, jambes croisées.

La mort passe,

Ils trépassent,

Et, quand vient le soir,

Vêtus de noir,

Leur peau laiteuse s’accentue,

Et, derrière leur rire jaune,

Sous leurs pieds,

Ils nous écrasent.

 

Face à leur air de dieux,

Ils se pensent maitre de notre destinée.

Comment ne pas refuser ?

Pourquoi ne pas se révolter ?

Toute souffrance était nôtre,

Je pleurais avec eux,

Et notre armée se faisait plus grande :

Nous défions la peur,

Jaunes, Blancs, Noirs, se rallient à une seule cause :

Dénoncer ces barbares sans cœur…

Tête haute,

Marchons sans faute,

Peau luisante au soleil comme cette lame chauffée à blanc.

Oui !

Noirs,

Devenons Immortels !

Jusqu'à l’infirme cellule :

Nous sommes noirs.

Je suis NOIRE.

 

L’immortel est NOIR…

 

Djane Süleyman 


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